Projet "éventée"oeuvre experimentale en deux volets



    Avec ce projet, j’ai voulu montrer la possibilité d’une continuité entre le plan du réel et celui de la représentation cinématographique, en permettant le passage d’un «courant d’air» entre ces deux plans.

1er volet
De la réalité au rêve : Le film vidéo "Eventée, j'ai capturé le vent" DV 10'
   
    Je voulais réaliser l’impossible : capturer le vent. Pour cela j’avais conçu un objet imaginaire qui me permettrait de réaliser ce rêve : « la Caméra Eolienne ».
  J’ai alors développé un processus informatique (CamEol) permettant de simuler le film issu d’une telle caméra. Ce processus met en relation une image vidéo avec le souffle du vent: le vent contrôle par l’intermediaire du son qu’il produit, l’exposition de l’image vidéo (plus le vent est fort plus le son qu'il emet est fort). L’image vidéo varie alors au fil du vent entre surexposition et sous-exposition.
     Il en résulte un film dont l’exposition est instable et dans lequel la visibilité du sujet est conditionnée par l’activité du vent.
    «Eventée, j’ai capturé le vent» est issu de cette caméra imaginaire. Grâce à ce film, j’avais réussi à capturer poétiquement l’insaisissable.
pour voir ces extraits installez préalablement Quick Time Player
extrait 1
   extrait 1                extrait2                  extrait3  


"Eventée, j'ai capturé le vent"  DV 10' noir et blanc
  • nominé au Medienkunstpreis (organisé par le ZKM de Karlsruhe) pour le prix média internationnal pour l'art et la science 2005.
  • sélectionné aux 17ème Instants vidéos numériques et poétiques de Manosque.
  • Bref n° 63 p.62 "Mistral et tramontane" par Marc Mercier à propos de ce film.
2ème volet
Du rêve à la réalité : L'installation vidéo "Libre comme l'air" 

    Dans cette installation, il s’agit maintenant de libérer le vent au sens littéral du terme, en ajoutant à  la projection audio visuelle, une projection sensorielle.
    Au dessus de l’écran sur lequel est projeté le film « Eventée, j’ai capturé le vent », est installé un ventilateur (dimension 60cm × 60cm × 25cm) qui tourne plus ou moins vite selon l’activité du vent dans le film. Ainsi sa vitesse de rotation reproduit l’intensité variable du vent dans la salle d’exposition. Le film est projeté en boucle. Tout le processus (audio video ventilation) est généré à partir d’un ordinateur (voir schéma ci dessous). Voici un petit film que j'ai fait lors d'un essai technique du processus avec un ventilateur standard : télécharger le film


Conclusion:

    Si le film en lui même procède à une véritable capture du vent, l’installation vidéo dans la laquelle il prend place procède à son tour à la libération du vent.
    Au niveau de l'installation, deux idées antithétiques s'opposent, deux titres "se disputent" l'oeuvre ("éventée, j'ai capturé le vent" versus "Libre comme l'air"). J’ai tenu à la concomitance de ces deux titres car ils s'opposent et se complètent en même temps: toute libération est précédée d’une capture.
    Ainsi, de la captation (capture) à la projection (libération), le vent traverse réellement le processus cinématographique jusqu’à se re-concrétiser dans cette installation. Il traverse aussi bien mon imaginaire que toutes les machines qui ont permis la réalisation du film et celles qui rendent possible sa réactualisation concrète et différée dans l’installation «Libre comme l’air».
dossier en .pdf  ici


©2007 par Mathieu Blasquez tous droits reservés